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La
qualité du sommeil des enfants accueillis en structure d’accueil est un point
important de la qualité de l’accueil au sens large. Pour les professionnels
petite enfance, la problématique du sommeil repose sur les habitudes de vie de
l’enfant et de sa famille, l’environnement plus ou moins propice à la mise en
place d’un bon endormissement, et, bien sûr, un besoin physiologique commun à
chacun d’entre nous.
L’équipe
devra mettre en place une réflexion autour des conditions nécessaires au
sommeil d’un point de vue pratique, et au niveau de l’accompagnement que l’on
propose à l’enfant.
Préalable au sommeil :
Il
est nécessaire de bien connaître les habitudes
d’endormissement de l’enfant. Pour cela les transmissions d’informations
avec les parents sont importantes, pendant la période d’adaptation, puis, au
quotidien.
Pour
chaque enfant, les professionnels s’adapteront aux repères nécessaires à
chacun, en terme de rites d’endormissement et d’habitudes de couchage. Le
« doudou » ou la tétine sont proposés à l’enfant avant d’aller dans
la chambre.
La
mise en mot est très importante car elle permet à l’adulte d’expliquer à
l’enfant ce qui va se passer pour lui. Lui dire également qui sera présent lors
de son réveil facilite la réassurance du petit. En retour l’enfant peut
exprimer un souhait par rapport à sa sieste et il est pertinent d’en tenir
compte.
D’un
point de vue pratique, l’enfant est déshabillé pour dormir et troque ses
vêtements de jour pour une tenue confortable. Si besoin, il est couché dans une
turbulette. Les conditions de sécurité
doivent être respectées :
Pas de
couverture, pas de tour de lit, chambre entre 18 et 20°, couchage exclusif sur
le dos.
Pour
aménager un temps calme avant la sieste, certaines équipes proposent un temps
de relaxation préalable.
L’accompagnement :
Une
bonne connaissance des habitudes de l’enfant est indispensable pour
l’accompagner dans le sommeil de façon positive. L’adulte accompagne par
exemple l’endormissement de l’enfant en restant dans la chambre. Il peut être
également amené à l’endormir dans les bras à certains moments de son adaptation
et de son développement en fonction de ses habitudes familiales. Si les
habitudes du domicile ne peuvent être reproduites dans la structure d’accueil
il est nécessaire d’accompagner les parents et de leur donner des explications
de façon à ce qu’ils demeurent en confiance.
Dans
la plupart des cas, chaque enfant bénéficie d’un lit situé toujours au même
endroit dans la même chambre (besoin de repère). Cependant, quand cela n’est
pas possible (problème de places), la priorité est faite au rythme de sommeil
de l’enfant. Il peut alors changer de lit, à condition de le lui expliquer et
d’être attentif à sa réaction.
Le réveil :
Il
convient de laisser à l’enfant le temps de se réveiller calmement, à son rythme
et de le rhabiller quand il en est d’accord.
Les habitudes parentales :
A
respecter autant que faire se peut dans la limite des notions de sécurité,
l’expérience nous montre que certains cas sont traités différemment.
Quand
l’enfant a l’habitude de se coucher avec un biberon dans son lit, il est
nécessaire qu’un adulte reste dans la chambre. Petit à petit ce biberon peut
être remplacé par une tétine.
Un oreiller ou un polochon fait courir à l’enfant un risque
d’étouffement. Une surveillance toute particulière devra garantir la place de
l’oreiller dans le lit : jamais à la tête de l’enfant.
La position ventrale n’est en aucun cas possible en
collectivité. Les recommandations du carnet de santé (page 21 : « les
messages de santé ») le préconisent fermement dans le cadre de la
prévention de la Mort Subite
du Nourrisson.
Il est possible d’endormir un enfant dans une
poussette et de l’y laisser faire sa sieste s’il ne dort pas dans un lit.
Les horaires sont aménageables. Même si l’habitude
première est de suivre le rythme de l’enfant, il peut parfois apparaître
important pour l’organisation des familles de le réveiller à une heure fixe, ou
de le coucher selon un schéma plus adapté au rythme des parents.
Une barrière pour les lits hauts est absolument
indispensable, même si le parent s’y oppose, pour une raison évidente de
sécurité.
Si le parent souhaite installer à la crèche un tour de
lit pour son enfant, il n’est pas possible d’accéder à sa demande.
Dans
la plupart des cas il est possible de s’adapter à la demande des parents. Dans
le cas contraire, et ce seulement pour des raisons de sécurité, des
explications devront être fournies aux familles, sans jugement de la part du
professionnel, car les normes de sécurité exigées en collectivité ne sont
naturellement pas les mêmes qu’à la maison. Les parents ont parfois besoin de
temps pour l’accepter.
L’hygiène :
Ø Les draps et turbulettes sont lavés une fois par
semaine et sont nominatifs.
Ø Les lits sont désinfectés une fois par semaine
Les locaux jouent
un rôle facilitant et, si certaines structures sont moins adaptées au respect
strict du sommeil de l’enfant, il convient d’en tenir compte au moment de
l’élaboration des plans. Quand le mode d’accueil est organisé autour des
horaires atypiques (tôt le matin, tard le soir, la nuit) l’expérience nous
montre que les enfants qui se réveillent sur ces horaires là n’ont aucune
difficulté à se rendormir.
La
nuit, les parents sont parfois accueillis par l’équipe du soir : il est
important dans ce cas de prévoir un temps de présentation de manière à ce qu’il
fassent connaissance.
Un
sas coupe bruit est nécessaire entre les chambres et la salle d’activités.
L’isolation phonique est indispensable.
L’éclairage des chambres doit être progressif pour surveiller le sommeil
de l’enfant sans le réveiller ou lui imposer une lumière trop forte dès le
réveil. Cela est particulièrement important pour les bébés. Ceux-ci possèdent
un rythme de sommeil individuel et irrégulier : de petites chambres de
deux ou trois lits conviennent alors mieux à la possibilité de respecter les
temps de sommeil propres à chacun.
Des
interphones entre les chambres et la salle d’activités où se trouve le
personnel permet aux professionnels d’être alertés si un enfant pleure.
Bien
sûr, la qualité de la relation parents-professionnels est essentielle et palie
aux imperfections des bâtiments. La réassurance et la confiance sont les
éléments indispensables à la qualité du sommeil des enfants en
collectivité.
Le doudou
Cet
objet transitionnel est désormais très implanté dans les habitudes de vie des
professionnels petite enfance et des parents en tant qu’objet de réassurance et
lien parent-enfant au-delà de la séparation provoquée, par exemple, par le mode
d’accueil. Il prend plusieurs formes : tissu, peluche, tee-shirt,
turbulette…
Il
est choisi par l’enfant et est un point de repère pour lui, un lien avec la
mère, qui permet de surmonter les difficultés de la journée.
Le
texte de Marie-France Castarède « De l’objet transitionnel à l’objet
culturel » précise la différence faite entre un doudou et une tétine, par
exemple, objet non inventé par l’enfant. Elle les nomment alors des
« objets précurseurs », indispensables pour consoler l’enfant mais à
différencier des doudous.
Le doudou, au moment de l’endormissement, rassure
l’enfant et lui permet de lâcher prise pour basculer dans le sommeil
progressivement. Les objets lumineux et/ou sonores posent parfois problème car
peuvent gêner le sommeil des autres enfants.
Dans la journée, le doudou est accessible à l’enfant
de manière à ce qu’il s’en saisisse quand il en a besoin. Au moment des repas,
pour aller aux toilettes, pour partir en promenade, l’utilisation du doudou est
soumise à des règles. Mais si l’enfant manifeste le besoin de le garder avec
lui, il sera expliqué aux autres enfants pourquoi et dans quelles limites. Le
doudou est le seul élément dans la structure d’accueil que l’enfant peut
maîtriser, il est de son domaine privé. Le doudou permet parfois aux
professionnels de médiatiser des difficultés au cours de la journée car cet
objet est investi par l’enfant comme le reflet de ses préoccupations.
Au moment de la séparation, le doudou peut jouer un
rôle indispensable en tant que médiateur de la séparation et objet de
réassurance. L’état de propreté du doudou est l’affaire de la famille et les
équipes ne se permettent pas de le laver sauf si la demande vient des parents.
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